Trail

Mon Marathon du Mont Blanc 2018

IMG_7656[1]

Tout commence le 1er novembre 2017.
Ce matin-là, je reçois un sms d’une copine de trail ( Caro ) qui me propose de m’inscrire au Marathon du Mont Blanc le 1er juillet 2018. Elle s’est déjà inscrite, j’ai 4 jours pour me décider car la date butoir est le 5 novembre pour le tirage au sort. Nous n’avons pas eu le temps de créer un groupe pour nous inscrire en groupe…
Je ne réfléchis pas plus longtemps… difficile de refuser ce beau challenge ! Je m’inscris sur le site du Marathon du Mont Blanc. Il ne me reste plus qu’à croiser les doigts pour que Caro et moi soyons tirées au sort toutes les deux…

Le 9 Novembre 2017 : le verdict
Le 9 novembre, Caro m’envoie un message pour me dire qu’elle n’a pas été tirée au sort… dégoûtée. J’espère du coup ne pas être tirée au sort, par solidarité, et parce que j’espérais le faire avec elle. Le soir en rentrant, je découvre le mail de l’organisation qui m’annonce que j’ai été tirée au sort.
Malgré ma déception que ma copine ne fasse pas partie de l’aventure avec moi, je me rends compte que j’ai une chance inouïe.
C’est ce sentiment que j’ai gardé en tête pendant mes 7 mois de préparation : avoir la chance de participer au Marathon du Mont Blanc ! Quel privilège ! Plus le temps passait et plus je réalisais …

Le samedi 30 juin : l’arrivée à Chamonix
J’embarque ma sœur aînée avec moi dans mon aventure.
Nous partons d’Orange où je l’ai rejoint la veille pour couper le trajet en deux. Pendant les 4h30 de route, mon cœur bat de plus en plus fort. J’ai suivi le départ du 90km la veille sur les réseaux sociaux, et le départ des autres courses ( 10 km, 23 km et duo étoilé ) le matin-même. Demain, c’est moi qui serai sur la ligne de départ… Je touche enfin ce rêve fou du bout du doigt  !

Je ne suis jamais venue à Chamonix auparavant.
Quand nous arrivons à Chamonix, je suis impressionnée par les montagnes majestueuses qui semblent se jeter dans la vallée. On voit la mer de glace distinctement et le Mont Blanc en arrière plan. On dirait qu’on peut les toucher tellement ils semblent proches ! C’est juste impressionnant !

L’ambiance bat son plein en plein centre de Chamonix. Les coureurs du 10 km et du 23 km arrivent au compte-goutte. Je vais chercher mon dossard à 16h30, en plein milieu du match France-Argentine… Il n’y a pas grand monde au retrait des dossards, ça tombe bien car il fait chaud sous les grandes tentes.
ça y est,  j’ai mon dossard entre les mains, le Marathon du Mont Blanc peut commencer !
A ce moment-là, je suis à la fois sereine et excitée.  Mon cœur palpite en même temps que les supporters français crient victoire à chaque but marqué par les bleus.
Ma sœur et moi profitons de ce moment pour nous installer à un bar et regarder le match tout en sirotant notre citronnade. Les bleus remportent le match contre les Argentins, c’est la fête ! Moi j’ai mon dossard pour le Marathon du Mont Blanc, et je suis la plus heureuse du monde !

Le soir, je prépare tout mon matériel : kamelback, vêtements, chaussures, chaussettes, casquette, lunettes de soleil, bâtons, matériel obligatoire, ravitaillement liquide et solide, crème solaire, crème anti-frottement, dossard, mini-carte du parcours, etc.
Je mange mon dernier repas sportif avec ma sœur, dans le studio que j’ai loué pour l’occasion, avec vue sur le Mont Blanc. Au menu pour le repas d’avant-course, c’est blanc de poulet sauté, ratatouille bio, quinoa bio Danival, yaourt nature et miel d’acacia.
Je ne dors pas très bien car il fait chaud et c’est la fête dehors. Je me réveille toutes les 2h car j’ai peur de louper le réveil…


Le Jour J 
Mon réveil sonne enfin pour de bon à 5h du matin.
Malgré ma nuit entrecoupée, je suis en forme.
Je commence par manger tranquillement mon bowlcake et je me prépare.
J’ai 5 minutes à faire à pied pour être sur la ligne de départ, c’est génial ! Juste ce qu’il faut pour s’échauffer 😉
J’arrive à 6h30 sur la place du triangle de l’amitié, le lieu de départ du Marathon du Mont Blanc. Il y a déjà du monde derrière l’arche de départ !
J’essaie de me frayer un chemin parmi les coureurs et les journalistes pour me positionner, je regarde furtivement la première ligne pour voir Kilian Jornet mais il n’est pas encore là…
Je stresse un peu car je me retrouve presque au fond du départ … c’est pas génial car je vais devoir remonter beaucoup de coureurs après, ce qui est quasi impossible vu le monde et les passages étroits à passer… Tant pis, ça me permettra de ne pas partir trop vite et d’en garder sous le pied pour finir…
Le speaker nous donne les consignes de sécurité. Il donne la parole aux grands favoris du Marathon du Mont Blanc, lance la musique de départ, puis le mythique compte à rebours, qui me fait frissonner…

7h : le départ est lancé !
Je trouve que ça va vite pour un départ ! Il y a une ambiance de folie au centre de Chamonix, je me fond dans la masse et je me laisse transporter au rythme de la musique.
Les 7 premiers kilomètres, je tiens un bon rythme, mais j’ai du mal à avoir mon second souffle, sûrement parce que mon corps est encore un peu endormi. Le parcours est roulant, je prends plaisir à courir, même dans les côtes.
Nous sommes dans une grande forêt de sapins, il fait un peu frais, ça fait du bien, et ça sent bon les fleurs et le sous-bois. Je déroule mes bâtons car je sens que je ne vais pas tarder à en avoir besoin.
Au 9ème kilomètre, une femme tombe pas loin devant moi… aïe aïe aïe ! Mais elle se relève aussitôt ! Elle ne s’est pas blessée heureusement. Ça calme ! Je fais attention où je mets les pieds.
Au 10ème kilomètre, il y a le premier ravitaillement à Argentière. Je suis bien, j’ai tout ce qu’il me faut dans mon kamelback. Je décide de ne pas m’arrêter et de continuer.

Col des Montets – Vallorcine
Je gère bien la première montée jusqu’au col des Montets
, même si je trouve que ça ne monte pas assez vite devant moi. C’est comme ça quand on se place mal au départ…  tant pis pour moi…
Après le col des Montets, ça joue des coudes et on apprend qu’il y a un traileur qui est tombé en contrebas, pas loin devant nous. Après avoir passé le premier bouchon, je l‘aperçois qui essaie de remonter la pente, aidé de plusieurs traileurs qui lui tendent la main. Quand j’arrive à son niveau, il est hors de danger, il reprend son parcours là ou il l’avait laissé. Il faut faire attention aux souches et ne pas se placer trop à l’extérieur du chemin car on a vite fait de tomber…
La descente est ensuite roulante jusqu’à Vallorcine, le premier gros ravitaillement. On entend la musique quand on s’approche et il y a une ambiance de folie !
Je m’arrête cette fois-ci pour remplir la poche de mon kamelback. Je mange des bananes, je bois de l’eau Vichy et c’est reparti !

Vallorcine – Col des Posettes
Heu… vite dit… puisque j’ai à peine le temps de gravir la grosse montée après le ravitaillement, et d’admirer la vue en contrebas, que nous sommes stoppés en haut. Gros bouchon ! Je me suis retrouvée à l’arrêt total pendant au moins 20 minutes… Pas bon pour le timing…
Après 20 minutes d’attente, la course reprend son train. La montée vers le col des Posettes est très jolie, on avance sur des grandes pistes qui grimpent au milieu des sapins.
Au 21ème kilomètre, là où le dénivelé est plus important, je sens la crampe arriver à l’intérieur de ma cuisse droite (comme d’habitude). Je m’étire, je prends une pastille Sporténine que je laisse fondre sous la langue, je bois à grandes gorgées, et à mon grand soulagement, la crampe passe comme elle est apparue. 🙂

Passés les télésièges des Posettes, on traverse une grande piste qui mène vers le 3ème ravitaillement. Un groupe de musique nous y attend ainsi qu’une vue spectaculaire sur toute la chaîne des Alpes ! Nous avons eu une chance incroyable cette année avec la météo ! Pas un nuage à l’horizon, un grand ciel bleu, des couleurs vives, et un petit air frais sur les hauteurs, du pur bonheur.
Je prends tout juste le temps de prendre quelques photos et d’admirer le paysage qu’il faut repartir car le temps passe et il ne faudrait pas que je me fasse avoir par les barrières horaires !
Cette fois-ci, pas de bouchon après le ravitaillement. Tout le monde marche à un bon rythme sur les jolies crêtes des Posettes. C’est la partie que j’ai préféré sur le Marathon du Mont Blanc.
Arrivée à 2201m d’altitude tout en haut du col des Posettes ( 23,3 km de parcourus), j’ai été saisie d’un bonheur immense, j’avais envie de pleurer de joie tellement je réalisais la chance que j’avais de me trouver à cet endroit magnifique, au milieu de l’immensité des montagnes.

Col des Posettes – Le Tour
Dans la descente, j’ai essayé de doubler comme je pouvais car ça marchait beaucoup devant moi. Certains traileurs ont commencé à avoir les jambes fatiguées après l’ascension, surtout qu’il faut gérer le changement d’effort inverse (ascension / descente). 2 km avant le ravitaillement suivant, un bénévole nous informe que nous devons faire vite car nous sommes limite avec la barrière horaire, mais que ce sera bon si on ne traîne pas…

Ahhh ce que je redoutais arriva !  Je n’ai pourtant pas traîné !
J’arrive au ravitaillement, je remplis ma poche de kamelback, je bois, je mange quelques noix de cajou salées et des morceaux de bananes sans traîner, et je repars.
Je regarde ma montre, elle indique que j’ai déjà fait 30 km. Bizarre, le ravitaillement est sensé être à 27,7 km sur le plan de l’épreuve… ça me met un petit coup au moral car cela veut dire que nous avons plus de kilomètres à faire que prévu…
J’interpelle une femme devant moi pour savoir si ce n’est pas ma montre qui déconne… Sa montre indique aussi 30 kilomètres au compteur.
Ok, on se rassure l’une et l’autre. Il faudra juste penser que nous avons un décalage de 2,5 km en plus sur le reste du parcours. La descente jusqu’à Tré le Champs est assez technique. Pas facile de doubler.


Le Tour – Le Béchar

Et pourtant, le plus dur du parcours reste à venir…
Les côtes que nous avons faites jusque là, c’était du pipi de chat…
Il faut maintenant gérer la montée jusqu’au Béchar. Il commence à faire chaud. Je me concentre à mettre un pied devant l’autre, et à garder le rythme avec mes bâtons. Plus personne ne parle, tout le monde est concentré. On commence à voir certains traileurs qui s’arrêtent sur le bord du chemin pour rester à l’ombre des arbres, pour se ravitailler ou pour calmer une crampe.
Je fonce tête baissée. Je ne pense qu’à une chose, avancer et passer les barrières horaires.

Le Béchar – la Flégère
Le plus dur a été la montée jusqu’à la Flégère. Je me suis retrouvée à court d’eau, sous cette chaleur assommante. Sans eau, c’est la crampe assurée ! J’essaie de ne pas y penser. La montée semble interminable. Certains bénévoles nous donnent des informations complètement différentes, ce qui casse un peu le moral des troupes. Certains nous disent que le ravitaillement se trouve à 300m de dénivelé, un autre à 1km de distance, ou alors à 2,5 km…
L’ascension jusqu’à la Flégère est juste dingue !
J’ai le malheur de gêner mon voisin devant moi avec mes bâtons plus d’une fois. Le pauvre, je me fonds en excuse. Lui, sympa me dit «  Pas de soucis, t’inquiète pas, on est tous dans la même galère ». Oui pas faux, tout le monde commence à être fatigué. Passé 7h d’efforts continus, on sent que le corps puise dans ses réserves.

La Flégère – Plan Praz
J’arrive à la Flégère un peu avant 15h. La barrière horaire est à 15h05 ! Mais les organisateurs la repoussent à 15h20 à cause de la chaleur et des bouchons.
C’est le dernier ravitaillement. Je me recharge en eau et en nourriture.
Je ne traîne pas car c‘est la dernière ligne droite et je veux arriver avant 16h30.
Certains traileurs vont s’arrêter là car ils souffrent de la chaleur, j’en vois certains qui vomissent… d’autres vont être arrêtés car ils sont « hors délais ».
Je passe le ravitaillement avec un énorme soulagement ! Youhou ! C’est presque la fin ! Plus que 5,2 km à faire et c’est l’arrivée !
Je retrouve mes copains de galère devant moi. J’en double certains qui préfèrent finir en marchant, j’encourage d’autres qui sont assis sur le bord du chemin et qui peinent à repartir. Dans ces moments-là, je demande si ça va, s’ils ont besoin d’eau, de pastille anti-crampe…

La partie finale se fait à flanc de montagne, le chemin longe la vallée de Chamonix. On voit la ville en contrebas, et puis une belle cascade. Je ne m’arrête même pas pour me rafraîchir par peur de perdre du temps. Je ne pense qu’à une chose, avancer et arriver à temps avant la barrière horaire.

Et puis, après un dernier virage, on voit l’arche d’arrivée au loin. Il ne nous reste plus que 2 km à gravir et c’est la finale ! On entend au loin la musique et les encouragements de la foule. C’est grisant, je pense à ma sœur qui m’attend à l’arrivée, à la belle médaille que j’aurai autour du cou dans quelques minutes. J’envoie un texto à ma sœur pour lui dire que j’arrive. Une dernière petite montée, puis la descente finale jusqu’à l’arche d’arrivée.
Je cours, je vole, je tape dans la main tendue de ma sœur et je fais mon petit saut final, le bonheur accroché à mes lèvres, et les larmes aux yeux. Ça y est, c’est fini, je suis arrivée à 16h23 après 44,5 km, 3000m d+ et 9h23 de course. Ce moment est magique et il restera gravé en moi pour toujours.

L’arrivée et les souvenirs
Je me souviens de cette mythique arche d’arrivée, de ce majesteux Mont Blanc en arrière-plan, de ma sœur qui me rejoint et m’embrasse pour me féliciter, des gentils bénévoles qui me déposent la médaille autour du cou, de la chaleur cuisante sur ma peau, du goût de la poussière dans ma bouche, de tous ces efforts envolés comme par magie en une minute chrono.
Je me ravitaille une dernière fois. J’en profite pour rejoindre  une jeune fille qui est arrivée après moi, sous la tente d’arrivée. Nous n’étions pas loin l’une de l’autre pendant la dernière moitié du parcours. Elle a les larmes aux yeux tellement elle est heureuse, je la serre dans mes bras et la félicite.

Avec ma sœur, nous immortalisons ce moment en nous prenant en photo devant le Mont Blanc. Nous encourageons les derniers arrivants puis redescendons à Chamonix pour profiter de la fin de la journée ensemble, à flâner dans la ville et à manger une bonne coupe de glace pistache-noisette-vanille ! J’en rêvaispendant que je courais dans la montagne !

Je ne remercierai jamais assez ma famille qui m’a suivi en live tout le long de mon parcours, mes amis qui m’ont envoyé un message d’encouragement avant le départ, le public qui encourageait les coureurs jusqu’à en perdre la voix, les bénévoles qui m’ont aidé à remplir ma poche d’eau aux ravitos, les coureurs avec qui j’ai pu partager un petit bout de cette aventure et qui gardaient la banane malgré la chaleur et la difficulté …

A l’heure où j’ai écrit ces quelques lignes, je serais déjà prête à repartir !

profil_42km_2018

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s