Trail

CR – Beaver trail 45 km – 27/05/2018

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J’ai abordé ce trail avec une saveur particulière…

A la fois avec :
– l’impatience de vivre ce trail après 12 semaines de préparation intensives sans relâche,
– la joie de partager cette aventure avec mes amis traileurs 1 an après le trail de l’Aubrac,
– l’honneur de partager ma passion avec ma sœur jumelle et son chéri qui vont courir leur premier trail de 15 km
– et l’envie d’arrêter le temps, d’être en harmonie avec la nature, de découvrir ces impressionnantes gorges du Gardon, de me surpasser et de finir ma course sereinement.
C’est la troisième fois que je fais un trail de cette distance ( 44-45 km ), mais j’ai besoin bizarrement de me rassurer. A la vue du profil altimétrique du parcours de 45km, il a l’air costaud !


La veille de la course
La veille de la course, j’aborde le trail avec sérénité.
Après 5h30 de route, nous arrivons à Poulx, petit village Gardois, pour retirer les dossards. Mes amis traileurs et moi y retrouvons ma sœur et son copain, qui découvrent l’univers trail.

Le Beaver trail est un petit trail nature ( 500 participants au total – 3 parcours proposés ) qui privilégie les partenaires bio et locaux. Nous y découvrons donc un petit village trail très bio et très nature. C’est très appréciable !
Bien que ce soit un petit trail, l’organisation est au top et ils nous offrent pleins de cadeaux lors de la remise des dossards : un t-shirt, des gants, un petit gobelet pliable à emporter sur les trails, un tour de cou.

Pour une fois, nous avons la chance de loger à deux pas du départ, le grand luxe !
Si vous cherchez un jour une chambre d’hôtes à Poulx, authentique et conviviale, je vous conseille les chambres du Mazel. Les chambres sont décorées avec goût, l’hôtesse est très agréable et très arrangeante. Il y a même un jacuzzi, un sauna et une douche thalasso pour se détendre après le trail 😉 La chambre d’hôtes est au calme et on y dort très bien !


Matin de la course
Après une bonne nuit de sommeil, je me lève à 5h pour prendre mon petit-déjeuner d’avant-course.
Au menu : muesli bio, boisson de riz et thé sucré.
Je retourne dans ma chambre me préparer et me reposer un peu avant le départ.
Je mange une petite boule énergétique bio ( que j’ai faite moi-même ) 30 minutes avant le départ. Ma soeurette vient de se réveiller et vient me voir pour m’encourager et m’embrasser avant le départ. Je reçois un message d’encouragement de mon chéri qui me fait un bien fou.

7h : Mes amis viennent me chercher. Il est temps d’aller s’échauffer et de se positionner sur la ligne de départ. On prend tout de même le temps de se prendre en photo avec mes amis pour mémoriser l’instant.
Je suis prête. Dans ma tête, je me rassure une dernière fois, «  je me suis bien entraînée, j’ai bien géré mon alimentation cette semaine, il ne va pas faire trop chaud, il me tarde d’en découdre ). Je commence à réaliser que le départ est proche, je trépigne. Il ne faut pas que j’aille trop vite au départ. Avec mes 2 copains qui m’accompagnent sur le 45 km, on s’encourage une dernière fois.

Départ de la course
7h30 : le départ est lancé. Ça ne part pas trop vite, ça va.
Je cours avec un copain ( mon coach la semaine ), on discute un peu pour se mettre dans la course, c’est assez roulant pendant quelques kilomètres. C’est très agréable, mais je sens que je vais trop vite pour commencer. Les bénévoles m’annoncent que je suis 3ème féminine, je vois les 2 premières juste devant.
Mon objectif n’est pas de faire un podium, je préfère aller à mon rythme, alors je dis à mon ami de partir devant, de faire sa course. Je laisse même des féminines me passer devant.

Début de course 0 – 12,5 km : du pur plaisir
Je prends un énorme plaisir à courir pendant 7 km
, mes jambes sont légères, j’adore courir dans les sous-bois à zigzaguer entre les arbres. Le paysage est très sympa.
7,5 km : arrive la première côte, je suis la troupe en marchant. Pas le choix, il n’y a quasiment que des mono-traces sur ce trail, et puis vaut mieux en garder sous le pied pour la suite. Au sommet, on a une magnifique vue sur les gorges du Gardon. J’en profite pour faire une photo. On passe même en-dessous d’une grotte. Ce sont ces genres de détails que j’adore en trail !
On descend ensuite dans la Guarrigue, sur des chemins monotraces. J’adore avancer dans cette végétation, à slalomer sur ces petits chemins étroits, c’est le top !
On traverse un vieux pont romain qui nous amène au pied de la chapelle de l’Ermitage de Collias, cachée dans la végétation. C’est presque irréel. Je m’arrête pour prendre une photo.

2ème partie 12,5 km – 22,5 km : le trail commence tout juste
On arrive au km 12,5 où l’on rencontre une deuxième belle côte !
Je sens que l’on rentre dans le vif du trail. Il va falloir marcher maintenant en file indienne. La chaleur se fait sentir, j’essaie de boire une gorgée toutes les 10 minutes.
15 km:  l’ascension prend fin. Cela fait presque 2h que je cours. Je pense alors à ma sœur qui va bientôt finir sa course. Il ne reste plus que quelques kilomètres avant le premier ravitaillement.
17,5 km : J’arrive au premier ravito, je n’ai plus d’eau dans mon kamelback, je fais donc le plein d’eau car le prochain ne sera que dans 10 km !
A cette étape de la course, je ne sais pas si c’est la chaleur, mais je n’ai pas envie de courir, alors je marche, je bois, je prends du miel pour me rebooster. Ça grimpe, j’avance tranquillement jusqu’au km 21, c’est pas grave, ça ira mieux après.
21 km:  ça redescend, je croise un groupe de 3 garçons et 1 fille qui ont mon rythme, je les accroche pour tenir le rythme. Ils ont l’air d’être des joyeux lurons qui prennent du plaisir à courir ensemble. Ça fait plaisir à voir et on sent tout de suite leur bonne humeur.

3ème partie 22,5 km – 33 km : le plus dur reste à venir
22,5 km: on descend dans les gorges. A un moment, les garçons croient qu’ils se sont perdus, on ne voit plus les balises… on continue à courir pour voir si on fait fausse route… fausse frayeur, les balises sont plus loin. Ouf !
On passe devant les canoe kayak, les vacanciers en tongs et en short, tranquilou. On passe aux bords du Gardon, l’eau bleue et la fraîcheur de la vallée m’appelle. A ce moment-là, j’ai plus envie d’être en maillot de bain à me baigner et à me dorer la pilule que de courir… je trempe la main dans l’eau fraîche, un bonheur simple ! ça m’a reboosté. Je rattrape à un moment la fille. Elle a une petite clochette accrochée à son kamelback, c’est marrant.
Comme moi, elle alterne course et marche. A un moment, on croise des soldats d’une autre époque… lol. Des garçons qui sont déguisés en gladiateurs ( peut-être pour un enterrement de vie de garçon…). Les pauvres j’ai chaud pour eux sous cette armure…

On rejoint le groupe de garçons au km 25, ça recommence à grimper.
On se retrouve sur des grandes pistes au milieu de la garrigue, en plein soleil. Les garçons s’attendent, s’encouragent . J’essaie de courir avec un garçon qui a du mal à suivre ses 2 copains. On se met à marcher et on commence à discuter tout en marchant. J’apprend que ce sont 2 frères et le meilleur ami qui courent ensemble pour une association : La team Le TMF, une association de coureurs qui récoltent des fonds pour la lutte contre la mucoviscidose. Ils se sont mis à courir leur premier 14 km en septembre et ils se retrouvent maintenant à faire leur premier 45 km. Quel courage ! Ils sont motivés et soudés. Leur histoire m’a vraiment touché. Ils courent en hommage à leur cousine qui a été emportée par cette maladie.

26 km: je pense à 2 de mes amis qui ont du finir leur course…
A ce moment-là, ça monte sévère, plus personne ne parle… et je me dis que j’aurais du m’inscrire au km 26… j’ai l’impression que je n’avance plus, que les kilomètres ne défilent pas.

28 km : on arrive au 2ème ravito, mon kamelback est encore à sec.
Je prends le temps de m’arrêter pour faire le plein et manger un peu. Je discute  avec les garçons qui m’ont rejoint.  Nous sommes dans les barrières horaires : 4h de course alors que la barrière horaire est à 4h30 à ce ravito. J’espère que les barrières ne vont pas me rattraper plus loin… c’est serré… et apparemment, d’après les bénévoles, la partie la plus dure ne fait que commencer…
Les bénévoles sont super sympas, très généreux, heureusement qu’ils sont là. Ce sont des coureurs eux aussi, mais aujourd’hui ils sont bénévoles sur cette course pour offrir aux autres coureurs la chance de courir dans ce beau cadre Gardois. Cette pensée me remet les pendules à l’heure, j’ai de la chance de courir, de vivre cette aventure, d’être sur ce magnifique parcours. Je remercie les bénévoles, je salue le groupe de garçons et je repars.

Une succession de montées et de descentes font du bien à mes jambes. Les garçons et la fille me suivent, on s’est tous relancé. J’essaie de courir le plus possible, car à ce rythme la ligne d’arrivée me semble bien loin …
Au kilomètre 30, on est ralenti par une énorme montée au milieu de la garrigue. Je dépasse la fille à la clochette et l’encourage. Je me mets en pilote automatique. Mon but avancer, avancer, avancer….
Je vois le temps défiler mais pas les kilomètres sur ma montre…
Au kilomètre 32, il y a une belle descente, mais il y a tellement d’éboulis et c’est tellement pentu qu’il est impossible de courir vite. On se rattrape aux arbres comme on peut. Mes orteils butent contre des cailloux et des souches, je manque de tomber mais je me rattrape. Aïe mes pieds! Mes orteils vont être dans un sale état…
Au km 33, je vois les pompiers et les secours autour d’une jeune fille allongée sous une couverture de survie. J’ai mal pour elle… J’espère qu’elle n’a rien de grave… tout de suite, ça calme ! Je descends doucement en faisant attention où je mets mes pieds.

4ème partie 33 km – 45 km : finir au mental

Au km 34 arrive la partie la plus corsée de la course. On doit remonter un cours d’eau asséché !  Je sens une crampe arriver à l’intérieur de ma cuisse droite. Il faut que je fasse très attention à la façon à la quelle je positionne ma cuisse en grimpant les rochers, sinon c’est la contracture assurée…
Je grimpe, j’escalade par endroits, c’est très physique. Je commence à m’essoufler. A cette portion de la course, je suis un homme d’un certain âge qui a mon rythme, je le rattrape dans les montées et il me rattrape dans les descentes…lol. Au loin, on entend la musique et des gens qui parlent gaiement. Le ravito approche !
On arrive enfin au 3ème ravito au km 38. Il y a une bonne ambiance. Le ravito est bien fourni. Je mange des bananes, des abricots secs, je bois du coca, ça fait du bien. Mes doigts sont tellement gonflés qu’un bénévole m’aide à ouvrir mon kamelback pour le remplir. Je sens que mon organisme commence à puiser dans mes ressources et que c’est dur. Je vois un autre ravito derrière celui-ci. On me dit que c’est le prochain dans 4 km…
ça veut dire qu’on va descendre dans les gorges pour remonter ! Le moral en prend un coup.

Effectivement, on emprunte une grande piste et les escaliers qui descendent dans les gorges du Gardon. Je croise des gens décontractés qui partent se baigner. Je me dis qu’ils doivent nous prendre pour des fous à courir en plein cagnard alors qu’on pourrait se baigner. Et je me dis qu’ils n’ont pas tort… lol
A ce moment de la course, j’ai mal aux pieds, je sens que j’ai pleins d’ampoules et mes ongles qui butent contre les chaussures dans les descentes me font mal.

J’arrive dans les gorges du Gardon, on longe la plage de sable où les jeunes se dorent la pilule et s’amusent. Je marche, pas possible de courir. Il faut remonter jusqu’au dernier ravito. Ça grimpe dur, il faut escalader par endroits.

J’arrive au dernier ravito soulagée. J’arrive pile poil à la limite de la barrière horaire.
Km 42 ( la distance d’un marathon ), cela fait 6 heures que je suis partie. Je regarde ma montre, j’ai mis 1h pour faire 4 km ! Mais combien vais-je mettre pour faire les 3 derniers kilomètres ?

Je m’inquiète pour un de mes amis qui est derrière moi. J’espère qu’ils ne vont pas l’éliminer car les barrières horaires se referment sur lui. Les bénévoles me rassurent, je peux continuer et mon ami aussi. Il y a encore pas mal de monde derrière moi. Les barrières horaires étaient trop optimistes pour ce nouveau parcours et l’organisation n’éliminera personne. C’est sympa !

Je sens qu’il me reste des dernières ressources pour finir les 3 derniers kilomètres. Les bénévoles me remontent le moral. Je me dis que c’est la fin. Ca monte, ça descend, j’arrive encore à courir malgré mes pieds qui me font souffrir.

La finale
A 1,5 km avant la fin, je vois un copain qui m’attend. Je le rejoins au milieu des moutons qui barrent presque la route. Quel bonheur de le voir ! J’oublie tous les mauvais souvenirs. Je ne pense plus qu’à une chose, passer la ligne d’arrivée, voir ma sœur, mes amis et ressentir le soulagement de finir ce trail.

Cette fin est magique, j’ai des ailes, je ne sens même plus mes pieds, je vois ma sœur qui m’encourage, mes amis qui courent avec moi les derniers kilomètres jusque sous l’arche d’arrivée.

Quel trail ! Quel exploit !
7h33 d’efforts continus. Des hauts, des bas, des rencontres, des ressources inimaginables et une arrivée magique !
Le speaker m’annonce en plus que je suis 3ème de ma catégorie ( 3ème féminine senior ), j’ai du mal à y croire avec le chrono à rallonge que j’ai fait !
Je rejoins un copain qui a fini le 45 km juste 20 minutes avant moi et qui se ravitaille.
Je monte sur le podium et je fais un discours en honneur à ma soeurette qui m’a fait le grand plaisir de participer à son premier 15km, qui m’a attendu 3h pour me voir arriver, et à mes amis avec qui je partage de grands moments de trail.

Merci, merci, merci les amis !!

 

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